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Archive for février 2018

Histoire(s) du marronnage : le commandeur des Marrons

En marge de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, Histoire(s) Mauricienne(s) vous propose de célébrer ceux qui furent les premiers dans l’histoire de notre pays à lutter pour la liberté et à combattre l’oppression. On les appelait les Marrons, ils avaient pour noms Diamamouve, Barbe Blanche, Sans Souci ou encore Madame Françoise … Leur épopée est retracée dans une série d’articles pendant tout le mois de février.

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Histoire(s) du marronnage : la forteresse du Morne Brabant

En marge de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, Histoire(s) Mauricienne(s) vous propose de célébrer ceux qui furent les premiers dans l’histoire de notre pays à lutter pour la liberté et à combattre l’oppression. On les appelait les Marrons, ils avaient pour noms Diamamouve, Barbe Blanche, Sans Souci ou encore Madame Françoise … Leur épopée est retracée dans une série d’articles pendant tout le mois de février.

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Port-Louis: les débuts de la marine à vapeur et l’ouverture du Canal de Suez

Histoire(s) Mauricienne(s), en collaboration avec la Mauritius Ports Authority (MPA), vous raconte l’évolution du port de Port-Louis, depuis les origines jusqu’à la fin du 20e siècle. Une invitation à parcourir 400 ans d’histoire.

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Amédée Maingard, une histoire mauricienne, dernière partie – Le visionnaire

Histoire(s) Productions présente “Amédée Maingard, une histoire mauricienne” sur la vie et le destin d’un grand Mauricien, descendant de corsaires malouins, héros de la Résistance pendant la 2e Guerre mondiale, fondateur d’Air Mauritius et créateur du groupe hôtelier New Mauritius Hotels.

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Histoire(s) du marronnage : l'incendie du fort Frederik Hendrik

En marge de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, Histoire(s) Mauricienne(s) vous propose de célébrer ceux qui furent les premiers dans l’histoire de notre pays à lutter pour la liberté et à combattre l’oppression. On les appelait les Marrons, ils avaient pour noms Diamamouve, Barbe Blanche, Sans Souci ou encore Madame FrançoiseLeur épopée est retracée dans une série d’articles pendant tout le mois de février.

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La catégorisation de la population mauricienne et son incidence sur l’identité nationale – 1ère partie, le peuplement et les flux migratoires

Colonie de peuplement devenue nation indépendante, Maurice fête ses 50 ans. Depuis ses origines, la population mauricienne a toujours été classifiée en catégories, quelles soient sociales, ethniques ou religieuses. Avec une incidence directe sur la question identitaire.

Les Hollandais s’établirent officiellement à Maurice en 1638. Le premier gouverneur, du nom de Pieter de Gooyer, s’installa avec 25 hommes qui se retrouvèrent vite isolés dans une île qui manquait de tout. Il leur fallait de la main d’oeuvre servile pour développer la colonie naissante. Mais avant de se tourner vers l’Afrique, ils choisirent d’importer des esclaves d’Asie où ils étaient déjà bien implantés.

Référence est d’ailleurs faite dans certains documents de condamnés asiatiques qui prirent part à plusieurs attaques et incendies du Fort Frederick Hendryck, le quartier général des Hollandais à l’époque. Aucune référence n’est disponible concernant leur origine exacte, car les Hollandais ne faisaient pas de distinction ethnique lorsqu’il parlaient des Asiatiques, ce qui fait qu’il est difficile de dire s’ils étaient Chinois ou Malais…

Ce qui est avéré, c’est l’dentité du premier Mauricien historique. Il s’agit de Simon Van der Stel, fils métis d’Adrien Van der Stel gouverneur de Maurice et d’une Indonésienne, né en 1639 sur le bateau qui le transportait à Maurice où son père venait d’être nommé gouverneur par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC).

Adrien Van der Stel fut le premier à organiser l’importation d’esclaves de Madagascar. Le premier voyage de traite eut lieu dans la baie d’Antongil, à Madagascar, et dura de novembre 1641 à fin avril 1642. De cette expédition, Van der Stel ramena 105 esclaves, hommes et femmes, ainsi que 17 marins français, condamnés à Madagascar. Dès leur arrivée, la plupart des esclaves prirent la fuite. Ce fut aussitôt le début du marronnage.

Durant la période hollandaise on ne peut pas dire qu’il y eut un réel processus de peuplement bien que la VOC mit tout en oeuvre pour établir une colonie, servant plus aux reparations et au ravitaillement des flottes en provenance du Cap et à destination de Batavia. Pourtant, il y avait bel et bien des familles établies dans l’île, surtout dans le sud-est où les Hollandais s’étaient installés.

Outre ces familles, il y avait aussi un nombre inconnu de Marrons, des pirates qui y faisaient souvent relâche pour commercer avec les habitants… ou les dépouiller. Il y avait aussi les occupants de navires de toutes nationalités qui relâchaient régulièrement au Port Nord-ouest pour s’approvisionner en eau, en poisson, écrevisses, huîtres, etc.

Lorsque les Hollandais quittèrent définitivement Maurice en 1707, il y avait dans l’île 200 habitants, hommes femmes et enfants nés dans l’île. Ils laissèrent derrière eux probablement quelques Marrons, des esclaves et… un Allemand.

Les premiers colons français arrivèrent le 12 décembre 1721 en provenance de l’Ile Bourbon. Au nombre d’une vingtaine, en comptant les esclaves, ils étaient placés sous le commandement du major Le Toullec Durongouët. Lors de l’inspection de l’île, ils rencontrèrent un dénommé Wilhelm Leighnig, natif de Cologne, qui vivait en compagnie de quelques esclaves non loin des cascades de la Grande Rivière Nord-ouest à environ quatre kilomètres du Port Nord-ouest.

Contrairement aux Hollandais, les Français établirent une colonie de peuplement même s’ils prirent du temps à la mettre en place. Et c’est toujours au Port Nord-ouest que le premier gouverneur de l’Isle de France, Denis Denyon, s’installa en 1722.

Dans Histoire de la colonie, Amédée Nagapen dresse un constat de la population à cette époque. “Au cours des quatorze premières années de l’occupation française, le peuplement évoluait à un rythme deplorable”, indique-t-il. Les familles ne se formaient que difficilement, par manque de femmes, en dépit de l’arrivée d’orphelines destinées au mariage. Aventuriers, soldats, constituaient le gros de la population blanche …

A partir de 1735, le gouverneur Mahé de La Bourdonnais eut recours à une abondante main d’oeuvre d’esclaves malgaches. Mais il fit surtout venir des artisans libres, de Pondichéry, très doués, essentiellement tamouls mais aussi télégous, qui furent mis à contribution pour transformer le port. Des matelots musulmans du Bengale, appelés Lascars, furent recrutés pour pallier au manque de marins bretons mis à mal par la longue traversée depuis la France.

En 1766, lorsque la Compagnie des Indes rendit l’isle de France au gouvernement royal, la colonie abritait 18 700 habitants, dont 15 000 esclaves, 3 000 Blancs et 600 Libres, ainsi que les catégorisait le recensement officiel. Les Blancs provenaient principalement des provinces maritimes françaises mais étaient aussi d’anciens militaires ou marins ayant servi en Inde. Ils étaient négociants, marchands ou planteurs. Les esclaves provenaient principalement de Guinée, de Madagascar, du Mozambique et d’Inde. Les Libres quant à eux étaient des Lascars, des Malabars et des Africains de diverses origines. Nagapen fait état, dès cette époque, de marchands qui choisissaient leurs compagnes parmi les Libres de couleur.

À la fin du 18e siècle, la population était de 59 000 habitants, dont 84% d’esclaves, 6 500 Blancs et 6 000 Libres. Port-Louis était devenu un véritable port de commerce, ouvert au monde et sujet à un important brassage de population. Les navires étrangers, américains, danois, se bousculaient dans la rade. L’île continuait d’accueillir beaucoup de marins, de militaires mais aussi des navigateurs en route vers les Indes, l’Asie et l’Australie et pour lesquels Port-Louis constituait une étape de choix, avant d’affronter le parcours vers l’Est. Le petit chef-lieu était le coeur de la colonie. On y opéra une séparation complète des populations: les européens furent les seuls autorisés à vivre en centre-ville, des terrains furent assignés aux affranchis formant le Camp de l’ouest, les noirs affranchis du Roi eurent leur faubourg non loin de la rivière des Lataniers, le Camp des Yoloffs, et la population originaire des Indes fut établie à l’est de la ville, au-delà du ruisseau des Pucelles.

Au début du 19e siècle, de nombreuses familles d’origine française quittèrent une île prise par les Britanniques sans que ceux-ci ne viennent s’y installer en grand nombre. Dans Statistique de l’île Maurice, Antoine Marrier d’Unienville établit la population, au 1er janvier 1830, à 67 600 esclaves, un peu plus de 8 000 Blancs et environ 15 000 Libres. Marrier d’Unienville décompose la population servile en “castes”: les plus nombreux sont ceux appelés Mozambiques (2/5e) et appartenant à différentes peuplades africaines; puis les Créoles, noirs ou mulâtres nés dans l’île (1/3); les Malgaches (1/5e) dont la plupart sont des Hovas, des Betsiléos ou des Sakalavas; ensuite les Malais et, enfin, les Indiens, les moins nombreux, désignés sous les noms génériques de Talingas, Malabars et Bengalis.

Les vagues d’immigration succédant à l’abolition de l’esclavage en 1835 changèrent radicalement la configuration de la population de Maurice. Celle-ci fut la première île à sucre à appliquer le principe de l’engagisme, exploitation de la main d’oeuvre non qualifiée d’origine indienne à grande échelle. Pour la seule période de 1834 à 1838, le port accueillit 24 200 travailleurs immigrés, en provenance de la Grande Péninsule dans leur immense majorité. Le nombre de Chinois aussi grandit bien que plus modestement. Selon les estimations, il y eut quelque 400 immigrants en provenance de Chine entre 1833 et 1846.

Après l’abolition, la classification de la population changea. En 1837, elle était divisée en Libres, Apprentis et Indiens. Au recensement de 1846 apparut pour la première fois la catégorie de Population générale  avec celles des ex-Apprentis et des Indiens.

A la fin du 19e siècle et au début 20e siècle, le flux migratoire se stabilisa avec la fin de l’engagisme. En 1901, il y avait 108 422 membres de la Population générale, 259 000 Indiens et 3 500 Chinois. Le fait marquant au plan démographique fut l’éradication du paludisme au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ce qui eut pour effet une explosion du taux de natalité. En 1952, la barre des 500 000 habitants était franchie, ce qui posait aussi problème pour un petit pays.

Mais l’évolution politique, l’émancipation des classes laborieuses et le désir d’indépendance allait exacerber les divisions et aggraver les clivages socio-ethniques. Une vague de migration, dans les années 60, toucha principalement la Population générale. Au moment de l’indépendance, l’ex-colonisateur forma le souhait de voir se développer une réelle identité mauricienne au sein de cette population bigarrée et parcellisée.

Au dernier recensement officiel, celui de 1972, Maurice comptait 428 000 Indo-Mauriciens, 236 000 membres de la Population générale, 137 000 Musulmans et 24 000 Sino-Mauriciens. En 2015, la population s’élevait à 1,26 million. Mais en ce qu’il s’agit des proportions, il est impossible de se baser sur des chiffres officiels, le recensement étant devenu, depuis les années 80, une problématique éminemment politique.

Malgré son indépendance, Maurice ne peut se dissocier du fait qu’elle a été une colonie de peuplement. De ce fait, les Mauriciens ont toujours tendance à vouloir s’identifier aux différents pays de peuplement et/ou aux cultures ancestrales qui y sont attachées. La question identitaire reste toujours posée…

 

Sources: Histoire de la colonie, d’Amédée Nagapen – Statistique de l’île Maurice, d’Antoine Marrier d’Unienville – Mémoires de l’esclavage et créolité, de Sandra Carmignani

 

 

Histoire(s) du marronage : les Marrons, symboles de la lutte contre l’oppression

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