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Charles-Edouard Brown-Séquard, génie créole au service de la médecine (1/3)

Charles-Edouard Brown-Séquard, une enfance à Maurice et des études à Paris

Né Mauricien, naturalisé français, Charles-Edouard Brown-Séquard était probablement l’un des plus grands savants que le monde ait connu. Doté d’un pouvoir d’observation pratiquement sans égal, il peut être comparé, au niveau scientifique à quelqu’un comme Isaac Newton.

On nomma, à la suite de ses travaux, le syndrome de Brown-Séquard, qui correspond à une hémisection de la moelle épinière.Il démontra aussi que la moelle épinière est composée d’un faisceau de nerfs, travailla sur les sécrétions internes des organes et participa aussi à l’étude du sang et de la chaleur animale, entre autres travaux qui en font une sommité du monde medical.

Son parcours professionnel est exceptionnel. Etudiant en médecine à Paris en 1842, médecin à Maurice, puis aux Etats-Unis, à la faculté du Collège médical de Virginie, puis retourne à Paris et pratique à Londres en 1859, et pratique à nouveau aux Etats-Unis en 1859, au National Hospital for the Paralyzed and Epileptic, avant d’être professeur de physiologie et de neuro pathologie à Harvard de 1864 à 1867. A partir de 1869, il est professeur à la Faculté de Médecine de Paris et en 1878 pratique à nouveau à New York avant un retour final en France où il obtient la naturalisation française et prend la succession de Claude Bernard au Collège de France en 1878. Il est nommé à la chaire de médecine expérimentale en 1878 toujours et est élu membre de l’Académie des sciences en 1886.

De nationalité mauricienne, sujet britannique, avec des descendances américaines et françaises, avec un père américain, disparu en mer avant sa naissance et une mère aux origines modestes. il a eu du mal à se faire accepter dans tous les pays où il a vécu. Ceci explique certainement en partie sa nature de nomade. En tout, il a effectué des dizaines de voyages entre l’île Maurice, la France, l’Angleterre, l’Irlande et les États-Unis. Par ses pratiques autant que par sa constante instabilité géographique et académique, il fait figure de savant hors normes et fut le modèle du savant fou dans plusieurs ouvrages de la littérature classique.

Né en 1817 à Port-Louis, Charles-Édouard Brown-Séquard est le fils unique d’Henriette Perrine Charlotte Séquard née à Port Louis en 1788 et de Charles Edouard Brown né en 1784 à Philadelphie. Une cérémonie non religieuse unit le couple pour ce qui était, en d’autres termes, un mariage arrangé.

Charlotte est la fille de Pierre Paul Séquard, commercant de Port Louis et de Geneviève Nativel, une native de La Réunion. La mère de celle-ci était la fille d’un certain Wilhelm Leighnig, un Allemand installé à La Réunion apres avoir été abandonné à Maurice en 1710 et retrouvé sain et sauf lorsque les Français prirent possession d’île. A La Réunion, Leighnig se mit en concubinage avec une femme de couleur, probablement d’origine indienne, qui lui donna plusieurs enfants, dont la grand mère de Charlotte Séquard.

De son côté, Charles Edouard Brown est un capitaine de navire qui faisait du commerce dans l’Océan Indien, principalement vers l’Inde. Il naviguait pour le compte des commerçants de Port-Louis. Après le grand incendie de 1816 qui detruit en partie Port Louis, Pierre Paul Séquard charge le capitaine Brown, devenu son gendre, d’acheminer du ravitaillement de riz pour la ville. Mais sur le trajet retour Madras-Maurice le navire du capitaine américain disparaît corps et biens.

Charlotte doit donc élever seule son fils. Après la mort de son père le petit Charles-Edouard va habiter avec sa mere et son grand pere à la rue La Rampe, dans le coeur de Port-Louis qui se reconstruit. Comble de Malheur, son grand père décède, à son tour, probablement de cholera, lors de l’épidémie qui sévit en 1819, à une époque où Port-Louis est ravagé par les calamités.

Charles-Edouard est un enfant brilliant. Brun, chevelure ondulée, yeux noirs, on le décrit comme un créole d’origine indienne. Sa mère lui voue une adoration sans bornes et se consacre entièrement à son education. Il suit une scolarité française a l’école Singery, se passionne pour la littérature puis commence à fréquenter les cercles littéraires de Port-Louis, très actifs, à une époque où la pratique et la défense de la langue française sont de rigueur dans la société créole. Le jeune homme est aussi grand et fort. Il pratique la natation en mer et se rend souvent sur le littoral sud-ouest dans la région de Rivière Noire.

Voulant devenir écrivain le jeune homme se rend à Paris, au départ de l’île Maurice. Mais il rencontre peu de succès et comme la littérature ne nourrit pas son homme, sur les conseils de ses éducateurs, il se tourne finalement vers l’étude de la médecine, toujours à Paris.

Sa mère, qui l’accompagne, s’occcupe de son éducation. En 1838, Charles-Edouard Brown-Séquard est à la Faculté de Médecine de Paris et il y cotoie de nombreux etudiants mauriciens. Sa mère, dans une lettre à sa famille, décrit le sérieux de son fils pour les études. Elle reçoit aussi beaucoup d’étudiants mauriciens dont elle s’occupe. Mais Charlotte Séquard meurt brutalement en 1842 et cette disparition va jeter son fils dans le plus grand desarroi et il va somber dans une profonde dépression …

(A suivre)

Sources: Charles Edouard Brown Sequard, de Louis-Cyril Célestin

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