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Des hippodromes à Mahébourg et Curepipe

Histoire(s) Mauricienne(s) en collaboration avec le Mauritius Turf Club raconte deux siècles de courses hippiques en retraçant quelques moments forts du turf mauricien ou en partageant des anecdotes moins connues du grand public.

Pour la majorité des amateurs, les courses de chevaux à Maurice riment exclusivement avec le Mauritius Turf Club (MTC) et l’hippodrome du Champ de Mars. Mais peu d’entre eux savent qu’il y eut aussi d’autres hippodromes dans l’île et que des courses furent organisées à Mahébourg et dans la région de Curepipe…

Dans les années 1830, Mahébourg eut son hippodrome. Celle qui fut un moment considérée comme la capitale du sud voulait rivaliser avec Port-Louis, ses infrastructures, ses commerces, les loisirs qui y attiraient la grande foule… C’est le gouverneur Decaen qui en 1806 choisit de lui donner le nom du bâtisseur Mahé de La Bourdonnais. Il y fit construire une caserne et un hôpital et Mahébourg prit rapidement des allures de ville avec ses rues à angle droit.

Sous l’administration britannique, Mahébourg connut une importante activité avec l’afflux des côtiers, ces petits caboteurs transportant les marchandises produites dans la région vers Port-Louis. Après 1810, Mahébourg accueillit un nouvel hôpital, un marché, deux églises, de nombreux magasins. L’administration britannique songea même un moment à y aménager un deuxième hôtel du gouvernement, avant de lancer le nouvel hippodrome.

 L’initiative revint aux officiers de la garnison de Mahébourg, amateurs de courses de chevaux, désireux de s’offrir un peu de divertissement. Ils créérent ainsi le Mahébourg Turf Club et les premières courses eurent lieu en octobre 1837. Elles durèrent trois jours d’affilée, sur une piste sablonneuse recouverte de gazon, située en retrait de la ville. L’ambiance était conviviale dans un décor champêtre. La ville était en effervescence pendant ces trois jours et les habitants des villages avoisinants accouraient en grand nombre. Des maisons s’improvisaient en hôtels, les restaurants et les boutiques ne désemplissaient pas. Musique, danse et feux d’artifice clôturaient les journées de courses.

Mais l’avènement du chemin de fer en 1865 réduisit à néant tous les espoirs de développement de Mahébourg. Le trafic des côtiers entre le sud-est et Port-Louis s’en trouva fortement diminué tandis qu’une épidémie de malaria força les habitants à émigrer vers les plateaux. La rivalité avec Port-Louis ne se matérialisa jamais et l’hippodrome perdit lui aussi de son attrait.

A la fin du 19e siècle, une autre ville émergea du brouillard des plateaux. Nouvellement créée par la population de Port-Louis fuyant les épidémies, Curepipe eut aussi son hippodrome, dans la région de Floréal plus précisément.

La route reliant Port-Louis à Mahébourg avait changé le destin de Curepipe dès 1825, le lieu devenant le passage obligé des diligences. Quelques habitations furent installées sur les hauteurs et un hôtel de relais y vit le jour. Par la suite, plusieurs autres hôtels du même genre furent aménagés mais Curepipe resta un simple relai de diligence jusqu’à l’ouverture d’une gare ferroviaire en 1865.

A partir de cette année-là, la population augmenta sensiblement et Curepipe commença à se transformer. Les habitants se répartissaient autour de la gare et dans quelques maisons éparpillées aux alentours. Lorsqu’une épidémie de malaria décima une partie de la population de l’île en 1867, de nombreuses familles portlouisiennes choisirent de se réfugier sur les plateaux. La population grandit rapidement et Curepipe obtint finalement son statut de ville en 1890.

Avec son climat frais, l’endroit était idéal pour échapper aux moustiques et aux fièvres. Il était aussi adéquat pour accueillir un hippodrome. De plus, avec une population grandissante et embourgeoisée, les courses de chevaux étaient devenues une attraction de taille. Un hippodrome vit donc le jour près de Floréal, juste au nord de la petite ville …  Il était l’œuvre du Mauritius Jockey Club, fondé en 1904. Il fut créé à Mangalkhan, sur un terrain appartenant à Rajcoomar Gujadhur, grand planteur et turfiste enthousiaste. Des courses s’y déroulèrent jusqu’aux années 40. Par la suite, le Mauritius Jockey Club fusionna avec le MTC.

Ainsi, au fil des ans, seul le MTC sut maintenir une régularité dans le calendrier hippique. Après plus de 200 ans, le MTC reste la référence non seulement à Maurice mais dans toute la région de l’océan Indien voire de l’hémisphère sud.

Photo : Mauritius Turf Club

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