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Histoire(s) du turf : Pretty Mollie, premier Cheval de l’Année

Le titre de cheval de l’année est décerné pour la première fois par le Mauritius Turf Club en 1953 et il va à Pretty Mollie qui remporte 8 victoires sur 13 sorties…

Cette année-là, Elizabeth II vient d’être couronnée Reine d’Angleterre. Le Parti Travailliste a commencé sa lente et inexorable ascension vers le pouvoir. Port-Louis, petite capitale en devenir, est encore un chef lieu bruyant et encombré, pavoisé aux couleurs de la couronne britannique.

Mais en ce dernier lundi du mois d’août, l’attention des Mauriciens ne se porte ni sur la politique locale ni sur la succession au sein de la famille royale. Tous les regards sont braqués sur le Champ de Mars, où des milliers de personnes sont massées. Les bureaux ont fermé plus tôt. C’est le jour de la Maiden Cup, que tous les Mauriciens appellent communément le Maiden. Elle est remportée cette année-là par Pretty Mollie, alezane de cinq ans. En gagnant cette course mythique, la jument allait du même coup s’adjuger le titre de Cheval de l’Année et entrer de plain-pied dans la légende des plus grands coursiers du turf mauricien.

Le titre récompensant le cheval qui a remporté le plus grand nombre de victoires est décerné pour la première fois en 1953. Cette année-là, Pretty Mollie remporte 8 victoires sur 13 sorties et se classe deux fois deuxième et une fois troisième. La victoire de la jument est aussi celle de l’entraineur Paul Clarenc, de l’écurie Clarenc mais surtout de son jockey, Charly Malavich qui fut le plus grand jockey de son époque. En effet, en 1955, l’Australien passait le cap des 100 victoires sur le turf mauricien puis établissait un record de 131 victoires sur 6 saisons qui ne serait battu qu’en 2000. La relation entre Pretty Mollie et son jockey était tellement spéciale qu’à son retour en Australie, Charlie Malavich acheta une maison qu’il baptisa du nom de l’alezane.

Au début des années 50, l’écurie Clarenc rafle tous les titres au Champ de Mars, grâce à son trio de choc Paul Clarenc, Charly Malavich et Pretty Mollie. En 1951, celle-ci s’était déjà adjugée la Triple Couronne, c’est à dire la victoire dans trois des quatre courses classiques. De plus, la jument a gagné sur toutes les distances, les 1 400 m (7 furlongs), 1 600 m (le mille), 2 600 m (2 tours), aussi bien sur le parcours le plus court, 6 furlongs et 125 yards que sur le plus long, sur 13 furlongs. Ce type de performance est l’apanage des grands coursiers. Dans toute sa carrière, Pretty Mollie aura obtenu 21 victoires et inscrit un record de piste sur 10 furlongs.

La grande rivale du crack de l’écurie Clarenc s’appelait Elaine, une autre jument, appartenant à l’écurie Gujadhur. Dans les années 50, les juments faisaient la loi sur le turf mauricien. Battue en 1953, Elaine finira la saison 1954 en tête du classement avec 7 victoires sur 13 sorties. Mais depuis cette victoire, plus aucune jument ne gagnera le titre de Cheval de l’Année au Champ de Mars.

A la suite de Pretty Mollie et d’Elaine, d’autres grands coursiers ont inscrit leurs noms sur la longue liste de Cheval de l’Année. Dès 1955, un autre coursier de l’écurie Clarenc se distingue. Il s’agit de Handicap un mâle de 3 ans qui remporte 10 des 15 courses auxquelles il prend part, terminant deux fois deuxième et trois fois troisième.

Citons quelques-uns des plus prestigieux vainqueurs du titre de Cheval de l’Année: Azul, trois fois d’affilée (1977, 1978 et 1979), Noble Salute, vainqueur deux années consécutives (1983 et 1984), Mystic Snow (deux fois en 1965 et 1967), Prodigal (1961), Winged Pharoah (1963), Sharp Pip (1971), Corban (1972), Strident (1974), Laldheer (1981) …

De nos jours, la tendance est en train de s’inverser, selon les spécialistes et les juments reviennent sur les devants de la scène. Mais pas encore sur l’hippodrome du Champ de Mars où les mâles font toujours la loi… Quoiqu’il en soit, les turfistes mauriciens n’oublieront jamais Pretty Mollie ou encore Mystic Snow, Azul, Strident et tous les autres, attachés qu’ils sont aux performances des grands coursiers. Car leurs victoires remplissent de joie tous ceux qui ont misé sur eux et leurs exploits restent à jamais gravés dans la mémoire populaire.

Sources : Mauritius Turf Club

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