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Histoire(s) du marronnage : le commandeur des Marrons

En marge de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, Histoire(s) Mauricienne(s) vous propose de célébrer ceux qui furent les premiers dans l’histoire de notre pays à lutter pour la liberté et à combattre l’oppression. On les appelait les Marrons, ils avaient pour noms Diamamouve, Barbe Blanche, Sans Souci ou encore Madame Françoise … Leur épopée est retracée dans une série d’articles pendant tout le mois de février.

Du temps du gouverneur Malartic, une bande de Marrons fit régner la terreur à Port-Louis. L’un d’eux s’appelait Alexandre. Décrit comme un véritable tigre, il était “aguerri au meurtre et au vol”, selon les descriptions que les chroniqueurs de l’époque en faisaient. Ainsi, si certains avaient tendance à décrire les Marrons comme des malfaiteurs et des assassins, force est de constater que bon nombre d’entre eux agissaient aussi comme de véritables guérilleros effectuant des coups d’éclat dans le but de déstabiliser le régime colonial.

Dans le cas d’Alexandre, cet homme que l’on décrivait comme un véritable athlète, s’était réfugié dans les montagnes au dessus de Port-Louis, à la tête d’une trentaine d’hommes. Le groupe fondait tantôt sur les maisons isolées de la capitale, tantôt sur les plantations de Moka, perpétrant des raids audacieux. Contrairement aux Marrons du Morne et des régions plus isolées, Alexandre et sa bande ne restaient jamais au même endroit. Longtemps insaisissable, le groupe fut finalement cerné dans les montagnes par la maréchaussée. Dans le combat qui s’ensuivit le chef fut touché et succomba à ses blessures. Une dizaine d’hommes périrent, mais le reste de la bande put s’enfuir.

Bientôt, elle se regroupa sous les ordres d’un nouveau chef, du nom de Coutoupa. Ce dernier était un Mozambicain d’une trentaine d’années qui avait été au service d’un planteur de Piton, à Rivière du Rempart. Il avait été d’abord responsable de faire des battues dans les bois pour retrouver les esclaves en fuite, mais s’était finalement joint à la bande d’Alexandre. Coutoupa se choisit pour second un colosse du nom de La Montagne, sorte d’Hercule vivant depuis longtemps en marronnage. Il était reconnu par sa bande mais aussi par tous ceux qui en avaient entendu parler comme le Commandeur des Marrons.

Durant toute l’année 1793 et le début de 1794, Coutoupa et sa bande opérèrent loin de la capitale, dans une région comprise entre le sud de Rivière du Rempart et le nord de Flacq. Leur repaire se trouvait à Plaine des Roches. On leur attribua plusieurs crimes atroces, meurtres d’enfants, séquestrations et viols de femmes.

En mars 1794, un détachement réussit à prendre Coutoupa et 12 de ses compagnons à Plaine des Roches, sur la base de renseignements obtenus d’une esclave qu’ils avaient retenue prisonnière mais qui avait réussit à s’échapper. La capture des Marrons donna lieu à un combat féroce avec gendarmes et chasseurs.

Quelques jours après leur capture, le 28 mars 1794, Coutoupa et sa bande furent traduits devant le Comité de Sureté publique de l’Assemblée coloniale. Il fut accusé de marronnage et d’une série de vols, enlèvements et du meurtre d’un citoyen nommé Peltier. Le procès fut expéditif. Coutoupa et 12 de ses compagnons furent trouvés coupables de toutes les charges et exécutés.

Sources : Satteeanund Peerthum et Satyendra Peerthum – Le marronnage à l’Isle de France – Ile Maurice, d’Amédée Nagapen

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