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Port-Louis : compagnies maritimes, visites princières et entrée dans le 20e siècle

Histoire(s) Mauricienne(s), en collaboration avec la Mauritius Ports Authority (MPA), vous raconte l’évolution du port de Port-Louis, depuis les origines jusqu’à la fin du 20e siècle. Une invitation à parcourir 400 ans d’histoire.

A la fin du 19e siècle Port-Louis souffrit des calamités naturelles et des épidémies. Sous les effets du choléra et de la malaria, la capitale perdit une grande partie de sa population, ce qui eut des effets négatifs sur les activités économiques et portuaires.

Le 29 avril 1892, un cyclone d’une rare violence dévasta Port-Louis. Vers 3 heures de l’après-midi, des vents de 170 milles à l’heure (plus de 270 km/h) soufflèrent sur la capitale. En peu de temps, la mer recouvrit la Place d’Armes et monta jusqu’à l’Hôtel du Gouvernement. Des chalands s’échouèrent sur la Place du Quai et de nombreux navires, barques, chasse-marée, firent naufrage. Après le passage du météore, le port offrait une vision d’apocalypse avec des bateaux échoués sur le rivage, démâtés ou encastrés dans les quais. Plus de 1 000 maisons furent anéanties et plus de 1 100 personnes perdirent la vie…

Malgré cette crise sans précédent le petit port mauricien sut remonter la pente. Les progrès enregistrés dans le domaine maritime depuis le milieu du 19e siècle avaient eu des effets bénéfiques sur Port-Louis qui se retrouvait désormais beaucoup plus proche de l’Europe grâce aux effets combinés de l’ouverture du canal de Suez et de la navigation à vapeur. Des navires de fort tonnage fréquentaient le port qui dut adapter ses infrastructures. Port-Louis restait toujours une étape importante entre l’Asie et l’Afrique. Les voyageurs affluaient, parmi lesquels des membres de la famille royale britannique…

En mai 1870, le Prince Alfred, duc d’Edimbourg et fils cadet de la reine Victoria, fut le premier d’entre eux à fouler officiellement le sol mauricien. En provenance de Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka), il avait fait escale à Port-Louis, à bord de la frégate à vapeur Galatea. Puis, en août 1901, le futur roi George V et la future reine Mary s’arrêtèrent quatre jours durant lesquels ils visitèrent l’île avant de repartir pour le Natal, en Afrique du sud. Avant ou après eux, d’autres illustres voyageurs avaient profité de l’escale port-louisienne, parmi lesquels le romancier Joseph Conrad, le navigateur Joshua Slocum ou encore, en novembre 1901, l’avocat et activiste Mohandas Gandhi (futur Mahatma)…

La liberté de commerce instaurée depuis 1850 avait encouragé les grandes compagnies maritimes comme la British India Steam Navigation Company, très active sur l’Afrique de l’est, l’Inde et le reste de l’Asie, à établir une liaison avec Port-Louis. D’autres compagnies allaient suivre, comme la Peninsular & Oriental et surtout la compagnie française des Messageries Impériales. Cette dernière, devenue par la suite, Messageries Maritimes, exploitait depuis 1864 le trajet entre la France et les Mascareignes, via Suez et Madagascar.

Au tournant du siècle, les Messageries Maritimes assuraient un service tous les 10 de chaque mois sur la ligne Marseille-Suez-Djibouti-Mombasa-Zanzibar-Réunion-Maurice. Tous les 25 de chaque mois la compagnie française faisait le trajet Marseille-Suez-Djibouti-Aden-Mahé-Diego Suarez- île de Sainte Marie (Madagascar)-Tamatave-Réunion-Maurice, offrant aux passagers un service régulier.

D’autre part, plusieurs autres compagnies maritimes britanniques telles que Union Castle Line, Harrison Line ou Clan Line assuraient des services au départ des ports de Liverpool, Southampton, Newport et Glasgow vers Maurice, via Suez, avec escale dans les ports d’Afrique orientale et australe. Et à partir de 1918, la compagnie hollandaise KPM assura elle aussi un service entre l’Europe et Maurice, tant et si bien qu’au début du 20e siècle, Port-Louis était parfaitement connecté avec le monde.

Le trafic maritime ne cessait d’évoluer. Au milieu du 19e siècle, les voiliers se comptaient par dizaines dans le port, contre à peine quelques vapeurs. Mais la navigation  à vapeur, plus rapide eut finalement raison de la marine à voile. Au tournant du siècle Port-Louis accueillaient de gros et puissants vapeurs à fort tonnage, le nombre de navires lui aussi décrut. Cependant, si le nombre de navires décroissait, le volume du tonnage, lui, devenait de plus en plus important, dépassant les 330 000 tonnes en 1900, pour atteindre près de 440 000 tonnes en 1914.

Mais les difficultés économiques liées à la Première guerre mondiale ralentirent les activités portuaires. L’industrie sucrière était en difficulté et la situation financière de Maurice se détériorait. Les communications maritimes furent perturbées et l’approvisionnement de l’île en souffrit ce qui eut pour effet de faire flamber les prix des denrées, au grand mécontentement de la population. Cette situation allait perdurer après la guerre, causant bien des soucis aux Mauriciens. Seules les Messageries Maritimes continuaient d’assurer un service régulier entre Marseille et Port-Louis, via Suez et Madagascar…

 

Sources: Port-Louis, histoire d’une capitale, de Jean Marie Chelin – Histoire de la colonie, d’Amédée Nagapen

 

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