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Les premières salines se trouvaient à Port-Louis

Crédit photo : Jean Marie Chelin

La production de sel vit ses derniers instants dans le sud ouest de Maurice. Les salines de Tamarin appartenant à la famille Maingard sont les dernières encore en activité. Les autres salines ont été abandonnées avant d’être démantelées et de laisser la place à des projets immobiliers ou hôteliers. Aujourd’hui peu rentable, la production de sel a longtemps été une activité importante qui a pris naissance à Port-Louis, au 18e siècle.

Le « sel de la terre » cher aux Évangiles ne cessa d’exciter, dans le royaume de France, la convoitise des faux sauniers, maîtres dans l’art d’échapper à la gabelle et aux gabelous mais, pour les contrebandiers les plus retors, la prison se traduisait souvent par les fers dans les vaisseaux du bout du monde… Et la grande histoire n’oublie pas ceux qui furent débarqués à l’Isle de France par la Justice royale et qui prirent part au peuplement de la colonie en se comportant comme de bons paludiers repentis et d’honnêtes marchands.

Les premières salines furent aménagées par Jean Dominique de Caudan, natif du Languedoc et saunier de profession. Il était arrivé à l’Isle de France le 25 mai 1726 et obtint un contrat avec la Compagnie des Indes pour la fourniture de sel marin à 3 sous la livre.

Le sel importé d’Europe ne suffisant pas aux besoins de la colonie naissante, il fallait en fabriquer sur place et plusieurs gouverneurs de l’Isle de France encouragèrent sa production. Il servait bien évidemment à la conservation des aliments, notamment la viande ou le poisson et au ravitaillement des navires.

Les salines se trouvaient au sud ouest de la rade de Port-Louis. Si elles ont disparu depuis longtemps, les noms eux ont été conservés et désignent le quartier des Salines et celui du Caudan Waterfront, la marina et le centre commercial du front de mer de Port-Louis.

La production de sel se perpétua aux 19e et 20e toujours autour de Port-Louis, et notamment à Baie du Tombeau. On en faisait une utilisation extensive pour la consommation domestique, salaison des viades et du poisson mais aussi dans l’industrie sucrière.

Par la suite, les principales exploitations saunières de Maurice s’installèrent dans le sud ouest de Maurice autour de Rivière Noire et de Tamarin. Les Salines de Rivière-Noire furent créées en 1907 par la société SKF et Cie. D’autres salines virent le jour, notamment à la baie de Tamarin en 1949 et valorisèrent ce bien foncier notamment par la culture du sel.

Les marais salant, outre leur beauté patrimoniale et leur intérêt économique, furent un facteur de développement sur cette côte Sud-Ouest enclavée, soumise à la malaria et où ne vivaient dans des cases en paille que quelques familles de pêcheurs. La saliculture engendra des emplois, une amélioration sensible des conditions d’existence pour les plus démunis, notamment après le terrible cyclone Carol de 1960 qui rasa le pays.

Avec la collaboration de Michel Vuillermet et de Jean Marie Chelin.

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