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Affan Tank Wen, petit immigré devenu grand notable

Maurice a 51 ans. Histoire(s) Mauricienne(s) aura bientôt 5 ans. Nous vous proposons une série de portraits de grands Mauriciens disparus, qui ont eu un rôle de premier plan dans l’histoire de leur pays. Elle culminera par la publication d’un numéro spécial en fin d’année. Vos likes détermineront votre personnalité préférée !

En août 1861, un petit immigré chinois de 19 ans débarque à Port-Louis. Il n’a sur lui que son courage pour tenter de réussir dans la vie. Il fuit sa ville natale, Canton, en proie à de grands tumultes et à la misère. Affan Tank Wen est né en 1842, à la fin de la première Guerre de l’opium, opposant l’Empire de Chine aux puissances coloniales, France et Grande-Bretagne. Affan, comme beaucoup de ses compatriotes fuit Canton. En arrivant à Port-Louis, il prend tout de suite de l’emploi chez Achim & Co., la plus puissante maison de commerce chinoise de la petite capitale. Travailleur, intelligent, le jeune  homme grimpe rapidement les échelons jusqu’à s’associer au propriétaire. Il faut dire qu’il est entretemps tombé amoureux de la fille de celui-ci, Marie Elizabeth Athow.

À la mort d’Ahime, c’est tout naturellement Affan qui est désigné comme chef des Chinois de Maurice. Lorsqu’il prend la tête de la communauté chinoise, il veut rétablir ses concitoyens dans leur droit en militant notamment pour l’obtention de la citoyenneté. Affan Tank Wen adresse donc une correspondance au nouveau gouverneur, John Pope Hennessy. Dans cette correspondance, il met l’accent sur le rôle de la communauté chinoise qui prend une part active aux affaires commerciales et sociales de la colonie et s’entendent parfaitement avec les autres groupes de la population. C’est ainsi que Pope Hennessy, en signe d’estime, nomme Affan Tank Wen membre de la commission pour la réforme électorale, établie en 1882.

Si Affan Tank Wen fut actif au plan politique, il le fut tout autant, sinon plus, dans le domaine social. Il s’engagea notamment auprès de Mère Barthèlemy qui avait fondé la congrégation du Bon et Perpétuel Secours qu’il aida, financièrement surtout, après le dévastateur cyclone de 1892, puis lors de l’épidemie de peste qui ravagea Port-Louis. Après avoir obtenu le grade de kapitan ou chef de la communauté chinoise, il hérita aussi du titre de “protecteur des pauvres”.

Affan Tank Wen mourut en 1900 sans laisser d’enfants… ni de successeurs de sa trempe pour préserver l’influence des descendants de Cantonais dans le commerce. Le jour de ses funérailles il y avait une très grande foule composée de centaines de petites gens auxquelles il était venu en aide mais aussi de notables qui l’appréciaient beaucoup. Pour lui rendre hommage, un timbre-poste a même été émis à son effigie à l’occasion du centenaire de sa mort. A la mémoire de cet illustre port-louisien, une rue porte son nom dans le Ward IV.

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