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Ces voyageurs qui firent la réputation de Port-Louis

Histoire(s) Mauricienne(s), en collaboration avec la Mauritius Ports Authority (MPA), met en lumière les personnages, petits et grands, qui ont joué un rôle dans le destin du port, au fil des siècles.

Pendant des décennies Maurice était connue du monde comme une escale sur la Mer des Indes, un repaire de corsaires ou un comptoir de négociants se taillant, à coup de fouet et dans la sueur, une réputation d’île à sucre prospère. Parmi les premiers à affronter l’océan Indien, les navigateurs arabes ont sillonné les côtes orientales de l’Afrique et les rivages plus lointains. Il semblerait qu’à partir du XVIe, le navigateur Ahmed Ibn Majid et certains de ses compagnons, se soient rendus dans les îles du sud-ouest de l’océan Indien. Et c’est grâce à leurs indications que les cartographes purent répertorier le groupe d’îles qui allaient plus tard s’appeler Mascareignes du nom d’un autre navigateur célèbre, le portugais Pedro Mascarenhas.

Lorsque les Hollandais prirent le contrôle de la route des épices, au XVIIe siècle, Maurice ou Mauritius devint une étape importante vers les Indes et l’Asie du sud-est. La Compagnie des Indes Orientales néerlandaises, la VOC, s’y installa par pure nécessité et n’eut jamais la volonté d’en faire une véritable colonie. Point d’eau pour les équipages épuisées, lieu de carénage pour les navires endommagés et refuge de pirates, l’île devint un enjeu stratégique et personne ne pensait à y venir pour se prélasser. Surtout pas les Français qui en prirent possession, s’y installèrent durablement à partir de 1721 et fondèrent Port-Louis …

A cette époque, voyage et exploration se confondent. Les enjeux sont plutôt géopolitiques et les grandes puissances ont la mainmise sur le trafic. Flottes militaires et explorateurs s’arrêtent régulièrement dans le petit port de la Mer des Indes…

C’est ainsi que le botaniste Philibert Commerson membre de l’expédition dirigée par Bougainville en 1766 à 1768 Tahiti y débarque en 1769. Il est accompagné de sa compagne, Jeanne Barret considérée comme la première femme à avoir fait le tour du monde. Mais celle-ci a dû se déguiser en homme pour avoir le droit d’embarquer. Sa supercherie mise à jour, Commerson et elle sont débarqués par Bougainville qui les laisse continuer le voyage jusqu’à l’Île de France. Commerson y décède et Jeanne décide d’ouvrir un cabaret à Port-Louis jusqu’en 1774, année de son  retour en France.

Entretemps, Port-Louis reçut la visite d’autres illustres voyageurs, comme Jean François de Galaup, comte de La Pérouse. Cet officier de marine et un explorateur français rencontre à l’Isle de France sa future épouse, Éléonore Broudou, fille d’un armateur nantais, devenu administrateur de la marine. La Pésouse est choisi par le marquis de Castries, ministre de la Marine et par Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook dans l’océan Pacifique. Cette expédition maritime autour du monde, qu’il commandait, disparaît corps et biens à Vanikoro (îles Santa Cruz) en 1788.

Mais c’est Bernardin de Saint Pierre qui est probablement le premier à écrire sur l’Isle de France et son port. En 1773, il publie Voyage à l’Île de France, à l’Île Bourbon, au cap de Bonne-Espérance, par un officier du roi qui est le premier ouvrage écrit sur Maurice dont on tire aujourd’hui encore des informations cruciales. Puis en 1787, paraît Paul et Virginie, l’un des premiers best-sellers de la littérature française, dans lequel Port-Louis tient une large place.

Comme le témoigne la présence de ces personnages, l’île devient plus qu’une halte. Ainsi Nicolas Thomas Baudin, cartographe et explorateur français, est sélectionné pour commander une expédition sur les côtes de l’Australie, en passant par Port-Louis en 1801. En avril 1802, il rencontre Matthew Flinders près de l’île Kangaroo, à la baie de la rencontre Encounter Bay, en Australie. Ce navigateur et explorateur britannique était l’un des plus remarquables navigateurs et cartographes de son époque, principal explorateur de l’Australie. Flinders essaya à nouveau de rentrer en Angleterre à bord d’un autre bateau, le Cumberland, mais le bateau était en si mauvais état qu’il fut obligé de faire escale le 17 décembre 1803 à l’Isle de France pour le faire réparer. Ignorant que l’Angleterre était de nouveau en guerre contre la France, il fut fait prisonnier et resta consigné sur l’île pendant près de sept ans.

À la fin du 18e siècle et au début du 19e, Maurice était devenu une colonie prospère. Il n’est pas étonnant que Port-Louis une halte importante pour les voyageurs était aussi devenu un lieu de rencontre de plus en plus réputé dans cette partie du monde…

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