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Curepipe, les origines de la Ville lumière

Histoire(s) Mauricienne(s), en collaboration avec l’Atelier Littéraire, évoque l’histoire de Curepipe à travers Curepipe, les premières images d’une ville, de Jean-Baptiste Urbini et Jean-François Sookahet un ouvrage disponible à la librairie.

A la fin du 19e siècle Curepipe était une ville agréable où de nombreuses familles aisées avaient élu domicile. Avec son climat frais, l’endroit était idéal pour échapper aux moustiques et aux fièvres. La petite localité devint rapidement une agglomération. Elle fut la première à être dotée de l’électricité et ce, dès 1889… En 1890 le conseil administratif, aussi appelé le Board, fut constitué avec à sa tête sir Virgil Naz. La population grandissait rapidement et Curepipe obtint finalement son statut de ville en 1890.

L’un des pôles d’attraction de la ville nouvelle était le jardin botanique situé justement à la route du Jardin… Les Curepipiens y affluaient en grand nombre notamment pour venir écouter les orchestres, composés de membres des régiments casernés non loin, qui jouaient dans le petit kiosque à l’entrée.

Un autre lieu de promenade était le jardin de l’hôtel de ville en face de l’église Sainte Thérèse, inaugurée en 1872. Le conseil d’administration de Curepipe décida d’aménager un terrain en friche en face de l’église. Il allait abriter un jardin, puis les bureaux administratifs, une bibliothèque municipale, Carnegie et surtout un bel hôtel de ville. Cet édifice en bois était les vestiges d’une demeure de Moka qui fut démontée puis remontée à Curepipe. Il devint vit le centre d’attraction avec sa grande salle des fêtes et son jardin.

Autre lieu privilégié de la localité, le Trou au Cerfs, un ancien volcan, du haut duquel on a une vue imprenable sur toute une partie nord-ouest de l’île. Il fut l’habitation d’un botaniste et horticulteur du nom d’Hector Lavignac. Ce passionné de plantes introduisit des espèces de canne à sucre en provenance de Nouvelle Calédonie. Il développa même des vignes sur les pentes du cratère, avec l’autorisation de sir Virgil Naz.

Le Collège Royal de Curepipe qui avait détrôné celui de Port-Louis en renommée, fut reconstruit d’après les plans de l’ingénieur Le Juge de Segrais. Le bâtiment en pierre fut inauguré en 1914 et après la Première guerre mondiale, il abrita, devant son entrée, le monument à la mémoire des Mauriciens qui étaient tombés au champ de bataille.

Peu à peu, Curepipe devenait une ville cossue abritant les demeures imposantes de grandes familles aisées. On leur donna le nom de « châteaux ». Parmi les plus connues, citons les Château de Senneville à la rue Lees, le Château Belle-Vue… Plus tard, fut également érigé le Park Hotel, l’un des plus beaux établissements hôtelier de l’île à l’époque.

Au centre de la ville, à la croisée des rues Royale et Chasteauneuf, trônait le magasin Guillemain, le plus imposant de l’île à l’époque, construit en pierres basaltiques. L’emplacement allait abriter plus tard les Arcades Currimjee…

Dans les années 50 et 60, Curepipe allait devenir le centre de toutes les attractions, sportives et culturelles. Un vélodrome y avait été aménagé en 1902, qui fut transformé en stade de football. Puis vint le premier stade de Maurice, construit à la périphérie de la petite ville en 1954 et qui fut baptisé stade George V.

Lorsque la station de télévision nationale fut créée en 1966, elle élit domicile à la rue Pasteur. Dans les années 70, Curepipe était le passage obligée de toutes les personnalités qui séjournaient à Maurice. La princesse Margaret, mais aussi le footballeur Pelé ou l’acteur Jean-Paul Belmondo, venus se balader dans les rues de la ville.

Aujourd’hui, la Ville Lumière, malgré une population qui a augmenté et des infrastructures modernes, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Curepipe a bien du mal à retrouver son lustre d’antan…

Sources : Curepipe, les premières images d’une ville – de Jean-Baptiste Urbini et Jean-François Sookahet

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