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Histoire(s) de l’île Tromelin : 2e partie - La Revendication Mauricienne

Appartenant à la France, revendiquée par Maurice, l’île Tromelin est rattachée aux Terres australes et antarctiques françaises. La France et Maurice avaient prévu une cogestion de l’île en juin 2010 mais la ratification de cet accord par la France a été repoussée sous la pression du Front National.

Redue célèbre par le tragique naufrage de l’Utile en 1761, l’île est située à 450 kilomètres à l’est de Madagascar. Elle ne sera guère utilisée pendant plus d’un siècle et demi. Ce n’est qu’en 1947, que les autorités françaises s’y intéressent pour la surveillance des cyclones. La Marine nationale française organisa deux expéditions en 1953. La direction de la météorologie nationale française, suivant une demande de l’Organisation météorologique mondiale, y installa le 7 mai 1954 une station météorologique permanente.

Ceinturée par une barrière de récifs coralliens rendant son accès très difficile, l’île est abordable uniquement par temps calme et par un seul point, au nord-ouest où il existe une passe étroite. Lors des débarquements les missions françaises perdaient régulièrement une partie du chargement qui tombait à la mer. L’île n’offre aucun port et seul un mouillage au large est possible.

Depuis 1954, une piste d’atterrissage y a donc été aménagée et dès lors une présence humaine est assurée par des météorologues, installés dans un bâtiment de trois étages situé au-devant de l’aérodrome. Juste à côté se trouve la station météorologique composée de nombreux équipements de Météo-France.

De son côtéׅ Maurice, devenue indépendante en 1968, ne revendiqua officiellement Tromelin qu’en avril 1976. La revendication s’appuie sur le traité de Paris de 1814, dont l’article 8 stipulait la cession par la France au Royaume-Uni de l’île Maurice et de ses dépendances. Mais comme Tromelin n’est pas explicitement mentionnée dans le texte du traité, Paris considère que l’île appartient à la France.

Les autorités mauriciennes font valoir qu’après la cession de Maurice en 1814, les autorités britanniques avaient pris possession d’autres petites îles « dépendantes » de ce territoire qui pourtant n’étaient pas explicitement nommées dans le traité de Paris, par exemple Saint-Brandon et les îles Agalega qui font partie du territoire de Maurice. Par ailleurs, les autorités britanniques à l’époque où elles occupaient Maurice avaient aussi pris des actes d’administration concernant Tromelin, notamment en y accordant quatre concessions d’exploitation du guano entre 1901 et 1951.

Mais la France et Maurice étaient arrivés à s’accorder sur un principe de congestion en 2010 et un accord en ce sens était en preparation. Or, le 17 janvier 2017, alors que l’accord de cogestion devait être soumis au vote de l’Assemblée Nationale, il est enlevé de l’ordre du jour. Le gouvernement de François Hollande a ainsi fait machine arrière, probablement avec l’approche de l’élection présidentielle…

Il est important de noter que le Front National s’est violemment opposé au projet de souveraineté partagée avec Maurice sur Tromelin. Les opposants au projet de co-gestion dénoncent ce qu’ils appellent “une braderie d’une partie de la France d’outre-mer”. Cet argument est aussi soutenu par la puissante fédération patronale française, le MEDEF.

Tromelin est ainsi considéré comme partie intégrante du territoire français et ce depuis le XVIIIe siècle. Surtout, avec la souveraineté exclusive sur ce territoire et ce sont les 280 000 kilomètres carrés de domaine maritime qui sont en jeu…

Du côté mauricien, compte tenu de l’état des relations étroites entre Paris et Port-Louis, on préfère traiter ce dossier avec « tout le doigté diplomatique nécessaire en vue de ne pas porter préjudice aux intérêts » de Maurice. «Nous prenons note de la décision des autorités françaises au sujet du retrait du projet de loi sur l’accord de cogestion de Tromelin. Nous allons procéder à des concertations mais, dans l’immédiat, il ne faut pas prévoir de déclaration officielle sur cette question d’intérêt national. Nous en aviserons en temps et lieu », a indiqué une source autorisée au sein du gouvernement après l’annonce de la décision de Paris.

Sources : Le Mauricien, 18 janvier 2017

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