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La découverte des Mascareignes

Histoire(s) Mauricienne(s), en collaboration avec l’Atelier Littéraire, met en lumière des faits et/ou des personnages qui ont marqué l’histoire de Maurice, en les évoquant à travers les ouvrages disponibles à la librairie. Une bande dessinée en deux tomes, illustrée par Laval Ng et Christophe Carmona et écrite par Shenaz Patel et Jocelyn Chan Low, raconte l’histoire de Maurice depuis sa découverte par les Portugais.

Septembre 1598. Une flottille hollandaise en route pour les Indes arrive en vue d’une terre en plein océan Indien. Cela fait des semaines que les navires ont doublé le Cap de Bonne Espérance. Les marins hollandais sont à la recherche d’un point d’accostage. Ils ont entendu parler d’îles dans le sud-est de la Mer des Indes et croient se trouver dans les parages de l’une d’entre elles, appelée Diogo Rodrigues.

En fait, ils se trouvent au large de Maurice. On est le jeudi 17 septembre 1598, il est une heure avant midi. H. Jolinck, le pilote d’une des navires, le Vriesland, consigne dans son carnet de bord cette « découverte ». Les Hollandais vont prendre possession de l’île et s’y installer de façon plus ou moins durable pendant plus de cents ans…

C’est durant l’occupation hollandaise que naquit le premier Mauricien historique. Il s’agit de Simon Van der Stel, fils d’Adrian Van der Stel administrateur néerlandais du petit comptoir entre 1639 et 1645, et de Maria Lievens, d’origine malaise, née à Batavia. En fait, Simon naquit sur le bateau qui le transportait de Batavia à Maurice. Sa naissance fut officiellement proclamée à Maurice. Il y fit ses premiers pas et y vécut, avec son père et sa mère jusqu’à l’âge de six ans.

Durant l’occupation hollandaise l’île fut aussi le théâtre de la première révolte d’esclaves. La menace des Marrons constituait l’une des hantises de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, la VOC, peut être plus que le passage des terrifiants cyclones et les rafles des pirates. Et cette peur finit par se matérialiser en un raid terrifiant qui ébranla les colons hollandais. A l’aube du 18 juin1695, un petit groupe constitué d’Aaron d’Amboine, Antoni, dit Bamboes et Paul de Batavia, mit le feu au Fort Frederick Hendryk, la place forte de la colonie. Ils étaient accompagnés de deux femmes, Anna du Bengale et Espérance.

Histoire de Maurice est une très belle bande dessinée en deux tomes qui raconte ces épisodes et tous les autres, les plus palpitants de l’histoire de la perle de la Mer des Indes qui fut aussi connue comme la Clé de l’océan Indien. Certaines de ces périodes, le destin des personnages qui ont vécu durant ces années-là, sont largement connus, d’autres le sont beaucoup moins. Ainsi, la bande dessinée met surtout en lumière la découverte des Mascareignes par les navigateurs portugais.

En effet, lorsque Vasco de Gama faisait route vers les Indes en 1498, il passa par le Cap de Bonne Espérance et ouvrit ainsi l’océan Indien aux navires en provenance d’Europe. Il recueillit, durant ce voyage, des informations de pilotes familiers de la Mer des Indes. Dans Histoire de Maurice, les auteurs mentionnent un Gujrati prénommé Abdoul. Celui-ci fit part à Vasco de Gama de l’existence de trois îles situées à l’est sud-est de Madagascar, dans la région encore quasiment inexplorée de l’océan Indien, portant les noms de Dina Arobi (Ile Maurice), Dina Margabin (Réunion) et Dina Moraze (Rodrigues).

Les cartographes de l’époque s’emparèrent de la nouvelle mais les trois îles mirent quelques années avant de figurer sur les cartes. L’un de ces cartographes, le Vénitien Alberto Cantino, les reporta sur son planisphère en 1502. C’est la plus ancienne carte de navigation portugaise connue, dévoilant le résultat des voyages de Vasco de Gama aux Indes, ou encore ceux de Christophe Colomb en Amérique centrale, de Gaspar Corte-Real à Terre Neuve et de Pedro Álvares Cabral au Brésil…

Ainsi, Maurice, La Reunion et Rodrigues virent-elles le jour aux yeux des navigateurs européens… Elles perdirent par la suite leurs noms arabes et furent baptisées du nom des navigateurs qui évoluèrent dans les parages, notamment le portugais Pedro Mascarenhas qui fut le premier européen à les aborder. Il donna son nom à l’archipel des Mascareignes. Puis les îles prirent divers noms, notamment Santa Apollonia pour La Réunion et Ilha do Cirne (l’île de Cirne, du nom  d’un navire) pour Maurice. Rodrigues, elle, de même que certaines îles éparses des Masacareignes, conservèrent leurs noms portugais.

Histoire de Maurice – Textes de Shenaz Patel et Jocelyn  Chan Low, illustrations de Laval Ng et Christophe Carmona – Disponible à l’Atelier Littéraire, 12 rue Saint-Louis, Port-Louis – Tel. 2082915

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