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Le port mauricien à l’aube du 21e siècle

Histoire(s) Mauricienne(s), en collaboration avec la Mauritius Ports Authority (MPA), met en lumière les grandes phases du développement du port de Port-Louis au fil des siècles. Dernière partie.

Devenu une île à sucre prospère au milieu du 19e siècle, Maurice put compter sur son port pour exporter massivement le précieux produit vers l’Angleterre, l’Australie, l’Inde. C’est encore le port qui fut la première porte d’entrée de ces dizaines de milliers d’immigrants venus développer un petit pays qui a toujours su afficher ses grandes ambitions. Et c’est dans le port que se sont souvent exacerbées les tensions, cristallisées les passions. Les premières grandes grèves de dockers avaient déjà eu lieu à la fin des années 30, notamment en septembre 1938, au moment de la naissance du mouvement syndical et de l’émergence du Parti travailliste.

A la veille de l’indépendance en 1968, Maurice devait surmonter de nombreux obstacles dans sa marche vers le progrès. Après un siècle et demi de fortunes diverses, au rythme des booms sucriers et des crises mondiales, secoué par les épidémies et deux guerres mondiales, ravivé surtout par la promesse d’une émancipation tant attendue, Port-Louis se devait d’être à la pointe de ce changement permettant à un pays naissant d’atteindre sa maturité. A nouveau, au début des années 70, le port mauricien fut le théâtre de grands mouvements de grève orchestrés par les syndicats du port et la mouvance de gauche qui commençait à prendre son essor.

Le port de l’île Maurice indépendante se devait de relever le défi de la modernisation et du progrès. Infrastructures, équipements, mode opératoire, méthodes de travail, administration, gestion des ressources humaines, avancées technologiques… En 1976, une agence fut chargée de réglementer le secteur portuaire, la Mauritius Marine Authority (MMA). Un peu plus tard, en 1983, la manutention de la cargaison, assurée jusque-là par des sociétés privées, fut prise en charge par la Cargo Handling Corporation Ltd (CHCL), avec comme actionnaires principaux la MMA et le gouvernement.

La liste des réalisations est longue et non-exhaustive depuis 1968 : approfondissement des quais, installation d’aires de stockage couvertes, construction de parcs à conteneurs, ou encore et surtout la mise en place d’une unité de chargement mécanisé du sucre, le Bulk Sugar Terminal ou Vrac, achevé en 1981.

Au fil des décennies, le port mauricien a fait l’acquisition d’une vaste gamme d’engins pour la manutention de conteneurs et de marchandises ; a mis en service de puissants remorqueurs pour des gros navires à quais ; a procédé à l’expansion portuaire à travers des travaux de dragage, notamment pour le port de pêche ; a introduit la mécanisation de la manutention du riz ; a favorisé l’établissement d’une minoterie ; a effectué des installations pour les cargos et les porte-conteneurs ou encore a introduit de nouveaux systèmes de manutention …

Ainsi, durant les décennies 1980, 1990 et 2000 Port-Louis a connu des phases de développement importantes, avec la mise en service d’un nouveau terminal à conteneurs, le Mauritius Container Terminal (MCT) à Mer Rouge, l’achat de grues de quai post-panamax, ou encore la construction de nouveaux réseaux routiers… Il devient même au début du 21e siècle un port de croisière digne de ce nom avec un terminal dédié aux paquebots de passage.

Au fil de son développement, le port mauricien a retrouvé sa vocation de port-franc perdu depuis les beaux jours de l’Isle de France et de la guerre de Course au 18e siècle…

 

Sources : Mauritius Ports Authority – Photo : P. Halbwachs

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