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Rémy Ollier, champion des libertés

Maurice a 51 ans. Histoire(s) Mauricienne(s) aura bientôt 5 ans. Nous vous proposons une série de portraits de grands Mauriciens disparus, qui ont eu un rôle de premier plan dans l’histoire de leur pays. Elle culminera par la publication d’un numéro spécial en fin d’année. Vos likes détermineront votre personnalité préférée !

Enseignant, homme de lettres, journaliste, Remy Ollier était un homme passionné. Ardent défenseur de la population, il s’est élevé courageusement contre la haine et le mépris de l’oligarchie sucrière, au péril de sa vie. Disparu trop tôt, il aura cependant jeté les bases de la liberté d’expression dans l’île Maurice du XIXe siècle.

A 21 ans, il milite pour l’émancipation des gens de couleur. La misère ronge alors les villes et les campagnes. La haine raciale est, elle aussi, très présente dans la société.

A ce mépris de l’homme de couleur, Remy Ollier répond par l’écriture. Il lance un journal le 8 avril 1843 qui devient le fer de lance du combat pour l’émancipation de la population de couleur. Il devient du coup l’ennemi numéro un de l’oligarchie. Et le champion des gens de couleur.

Il milite aussi pour réformer le système éducatif qu’il trouvait très élitiste et qui était carrément inégalitaire. Ses prises de position eurent un écho favorable auprès du gouvernement colonial qui finit par modifier les principes d’attribution de la Bourse d’Angleterre et l’ouvrir à la population de couleur, à partir de 1844.

Tout cela valut à Remy Ollier beaucoup d’animosité de la part d’une frange de la population. Un soir, le jeune homme fut sauvagement agressé dans la rue alors qu’il rentrait chez lui. Puis en septembre 1844, il tomba subitement malade. Il affirma qu’on l’avait empoisonné. En janvier 1845, après avoir bu de l’eau dont il affirma qu’elle avait “un gout amer”, il fut pris de violents spasmes a l’abdomen. Il mourut peu de temps après, le 26 janvier, d’une inflammation intestinale, selon le rapport médical de l’époque.

Pas une ligne sur la mort de Rémy Ollier dans les journaux. En revanche, les rues de Port-Louis étaient noires de monde le jour de son enterrement. Un cortège immense accompagna le corps jusqu’à la Cathédrale St Louis. Ses compatriotes étaient venus en très grand nombre rendre un dernier hommage à celui qui avait, au péril de sa vie, défendu leurs intérêts mais surtout la liberté d’expression et le droit à l’éducation.

Photo : © Vintage Mauritius

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