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Septembre 1933: l’aviation inter-îles prend son envol

C’est le 10 septembre 1933 qu’un premier vol international s’effectua à Maurice, ouvrant l’accès aérien avec le monde. Provenant de La Réunion, il était destiné à l’acheminement du courrier, inaugurant ainsi une nouvelle ère dans l’histoire de l’île, jusqu’à lors dominée par le transport maritime.

Au début des années 1930, Maurice était encore exclusivement reliée au reste du monde par la mer. Ce sont alors les Messageries Maritimes qui assuraient l’essentiel du trafic de passagers et du service postal. Clé de la Mer des Indes pendant deux siècles, Maurice se trouvait cependant au bout de la route aérienne établie à l’époque et qui partait de France pour traverser l’Afrique soit vers l’Ouest et Dakar (Sénégal), soit vers l’Est, via Le Caire (Egypte), Djibouti et Madgascar.

Dans l’Océan Indien, l’aviation avait déjà connu son baptême avec un premier vol dès juillet 1911 à Androhibe, à Madagascar. Au niveau aérien, Maurice restait encore en retrait même si en juin 1922 un premier vol avait eu lieu au dessus de l’île. Il avait été effectué par un pilote Sud-Africain aux commandes d’un biplan de la Première Guerre Mondiale qui décolla du Gymkhana à Vacoas, où l’état major britannique avait son quartier général.

Mais avec l’évolution de l’aéropostale, il devenait impératif de developer les liaisons aériennes. Ainsi, la première liaison aérienne eut lieu le 10 septembre 1933. Le vol provenait de La Réunion. La piste utilisée se trouvait à Mont Choisy, sur le littoral nord (aujourd’hui plage publique extrèmement frequentée). L’avion, un Potez 42 qui pouvait emporter deux personnes, était piloté par Maurice Samat et Paul Lemerle. Il appartenait au premier nommé qui était membre de l’aéroclub dyonisien Roland Garros, du nom du héros de guerre et aviateur d’origine réunionnaise.

Baptisé “Monique”, l’avion avait été importé à La Réunion  par bateau et était arrivé en pieces détachées… C’est Samat qui était aux commandes. Le vol dura deux heures et demi entre la Rivière des Pluies (à côté de l’actuel aéroport Rolland-Garos à Gillot) et Mont Choisy où il y avait une plaine bordée de filaos et qui s’étendait de l’entrée de Trou aux Biches jusqu’à la Pointe aux Canonniers.

L’arrivée des avions constitua un événement dont on parlait depuis plusieurs jours. Le matin du 10 septembre, la foule était au rendez-vous. C’était la première liaison aérienne entre l’Île Maurice et l’Île de la Réunion, et l’événement connut un grand succès d’affluence.

L’avion de Samat et Lemerle transportait 1 084 lettres qui furent réceptionnées par l’assistant directeur des postes mauriciennes, Selman Ah See, venu accueillir l’avion, au milieu d’une foule de personnalités parmi lesquels des députés et d’autres élus, dont le maire de Port-Louis, Raoul Rivet et de nombreux curieux, encadrés par la force policière.

Un deuxième avion fit son apparition peu après, un Faner, piloté par un Mauricien, Jean Hily, installé à La Réunion et faisant  lui aussi la traversée pour le compte de l’aéropostale.

C’était en fait le but principal de la liaison. L’aéropostale passait par la Réunion, puis vers la France, en passant par Tananarive, Djibouti, Le Caire et Tunis. Puis en novembre 1933, un autre vol eut lieu dans l’autre sens, toujours avec du courrier à bord. Le vol retour dans le sens Maurice-La Réunion transportait cette fois 1 032 lettres, dont 135 acheminées par la suite vers l’Europe.

Les avions de l’époque avaient pour tout instrument une simple boussole, pas toujours fiable et les aviateurs connurent bien des mésaventures, se perdant en mer, effectuant des atterrissage de justesse. Plusieurs d’entre eux disparurent à jamais, dont le malheureux Jean Hily lui même, en octobre 1934 et peu de temps après lui son ami Paul Lemerle, parti jeter des fleurs sur les lieux de la disparition…

Téméraires, passionnés, les pionniers de l’aéropostale dans les Masacareignes n’allaient toutefois pas se laisser abattre par ces pertes en vies humaines. Plus tard, en décembre 1936, eut lieu le premier vol reliant l’hémisphère nord à Maurice. Il provenait de France, via Tunis, Le Caire, Djibouti et Tananarive. L’avion utilisé était un Farman 199 portant le nom de Roland Garros. Il repartit en février 1937, effectuant le même trajet au retour…

Quelques années plus tard, en 1942, les Anglais établirent un aérodrome à Plaisance, près de Mahébourg dans le sud-est. On était en pleine Seconde Guerre Mondiale et cet aérodrome était destiné à soutenir les efforts de guerre. C’est à partir de cette année que la piste de Plaisance fut utilisée et elle allait devenir l’aéroport de Maurice, assurant dans la foulée les premiers vols passagers.

Sources et crédit photo “C’était hier”, par Daniel Vaxelaire

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