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Des marrons sur le Morne bien avant 1835

Classée patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 2008, le Morne Brabant est une montagne du sud-ouest de l’île Maurice culminant à 555 mètres, dont le sommet, inaccessible, couvre une aire de plus de 15 hectares abritant une végétation endémique unique. Le mythe attaché à la montagne fait état d’un suicide collectif d’esclaves marrons réfugiés au sommet de la montagne durant la période coloniale. Mais les versions divergent sur les periodes.

La version la plus répandue est celle qui se situe autour de 1835, année de l’abolition de l’esclavage. Une troupe britannique était venue annoncer la nouvelle de l’abolition aux esclaves marrons. Mais ces derniers, croyant qu’on était venu les arrêter, s’étaient précipités dans le vide.
D’autres versions antérieures à la période d’abolition mentionnent déjà la présence de bandes marrons sur la montagne ou les environs du morne Brabant. Dans son Voyage à l’île de France, qu’il effectue en 1768, Bernardin de Saint-Pierre écrit du Morne que « cet endroit est environné de noirs marrons ». Plus loin il poursuit : « plutot que de se rendre ils choisirent de se jeter dans le vide »
A toutes les époques et dans toutes les îles à sucre, à Maurice comme aux Antilles, les esclaves marrons se faisaient pourchasser par des milices accompagnées de chiens. Déjà sous la colonisation hollandaise (surtout a partir de 1638), et plus tard sous les Français,le marronnage était répandu dans l’île. Originaires de Madagascar, du Mozambique, principalement, de nombreux esclaves prenaient la fuite et trouvaient refuge dans les forêts et les montagnes, souvent des mornes. Mais dans toutes les versions, les marrons choisissaient souvent la mort plutôt que l’asservissement.
Sanctuaire pour les esclaves marrons, le Morne est ainsi devenu le symbole de la résistance farouche à l’esclavage. Il figure dans de nombreux textes, romans, chansons d’auteurs Mauriciens ou d’origine mauricienne. Dans Le Chercheur d’or, JMG Le Clézio, lui même d’origine mauricienne, évoque la mort héroïque des marrons du Morne. La montagne a inspiré de nombreux poètes et chanteurs Mauriciens, notamment Sedley Assonne avec Le Morne territoire marron, ou encore le groupe Cassiya avec la chanson éponyme Lemorn, parmi tant d’autres…
Depuis le 24 juillet 2016, l’accès a la montagne a été ouvert au public mais sous certaines conditions liées au respect du site et aux consignes de sécurité qui y sont en vigueur.
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